Depuis quelques mois, les expériences fleurissent dans les classes du monde entier. iPad, Bic Education et autres tablettes tactiles remplacent les ordinateurs désormais vétustes, avec des résultats pour l’ensemble très positifs.

A New York, la démocrate du City Concil Christine Quinn vient de présenter un plan d’investissement de 300 millions de dollars pour l’éducation dans son district, dans l’éventualité où elle serait élue à sa tête. Outre l’allongement des journées et le renforcement des programmes, elle propose de remplacer tous les livres scolaires par des tablettes, « pour qu’un professeur du Bronx puisse réunir tout le matériel adéquat pour sa classe, et le mettre à jour tout au long de l’année ».

Contrairement aux idées préconçues, les tablettes ne sont pas nécessairement plus chères que les ordinateurs, au contraire. Par exemple, Quin prévoit de financer celles de New York non seulement grâce aux économies faites sur l’achat de livres scolaires (particulièrement chers aux Etats-Unis), mais également en s’appuyant sur des logiciels gratuits pour créer et diffuser le contenu des cours. Rappelons qu’Apple, très impliqué dans l’éducation, permet même aux enseignants de créer leur propre livre, avec l’outil iTunes U.

En tout, 2 millions d’iPad sont disponibles dans les écoles outre Atlantique.

Toutefois, le reste du monde est loin d’être à la traîne, et même l’hexagone, d’habitude plutôt conservatiste, tente l’aventure : la Corrèze a financé l’achat d’iPads, des expérimentations chez les CE1-CE2 de Gaujacq, petit village dans le sud des Landes, et dans l’académie de Grenoble, sont en cours.

Les témoignages de professeurs ayant fait le test sont unanimes : la tablette serait indubitablement un outil beaucoup plus pertinent que l’ordinateur à l’école primaire, et ce, pour de nombreuses raisons.

Tout d’abord, il y a bien sûr l’encombrement moindre, qui permet de stocker plusieurs terminaux sans problème, et de les faire cohabiter avec les cahiers (qui restent indispensables au primaire, il n’est pas question de remettre cela en cause).

Ensuite, il y a tout simplement l’efficacité : souvent tout aussi performante qu’un ordinateur, la tablette est en outre bien plus rapide au démarrage, et la durée de vie de sa batterie est bien supérieure à celle d’un ordinateur portable.

Enfin, il y a l’interactivité. Sur tablette, apprendre l’heure ou à rendre la monnaie devient un jeu d’enfant, c’est le cas de le dire. Pour peu que les développeurs respectent quelques règles simples de l’apprentissage que nous avait rappelées Sesame Street, l’efficacité est constatable immédiatement.

François, jeune professeur des écoles en CE1-CE2 et directeur d’un établissement d’enseignement primaire, témoigne sur son blog de la réussite de sa propre expérience d’un an : http://sicestpasmalheureux.com/2012/09/02/bilan-sur-la-tablette-a-lecole-primaire-un-an-apres/.

Pour lui, les tablettes sont un premier pas vers des interfaces « naturelles » dont on a tant rêvé, preuve en est la maîtrise exceptionnelle qu’en ont des enfants encore incapables de tenir sur leurs jambes.

Bref, les supports mobiles séduisent les profs. Mais comment les alimenter ? Apple fournit iTunes U, mais tout le monde n’est pas assez téméraire pour créer son propre contenu pédagogique…

C’est là que les MOOC entrent en scène : il s’agit des Massive Open Online Courses, par exemple Coursera et Udacity. Ces derniers ont attiré de nombreux investissements ces dernières années, à tel point que les fonds orientés vers les technologies de l’éducation ont triplé aux Etats-Unis sur les dix dernières années ! D’après la base de données CB Insights, ce type de sociétés aurait reçu 1,1 milliards de dollars en 2012 de la part d’investisseurs en tout genre (fonds, business angels…).

Audrey Watters, journaliste américaine spécialisée dans l’éducation, conseille à toutes les entreprises se lançant dans les logiciels éducatifs de toujours s’appuyer sur les programmes scolaires, qui peuvent constituer un argument de vente fort pour les éditeurs, pour toucher aussi bien les écoles que les foyers. On retient !

 

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One Response to Les nouvelles technologies de l’éducation ont le vent en poupe

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