Début octobre, l’entreprise néerlandaise Distimo a publié une étude très intéressante sur l’impact des langues disponibles sur les chiffres de ventes des applications mobiles iOS, en distinguant le gratuit du payant, et l’iPhone de l’iPad. Le cadre géographique du rapport couvre les douze pays du monde les plus friands d’applis : Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, Allemagne, France, Russie, Italie, Japon, Corée du Sud, Chine, Brésil et Australie. Distimo est une jeune firme qui s’attache à analyser diverses statistiques autour des applications, afin d’en tirer des conclusions utiles aux professionnels du secteur.

Si l’on résume les grandes tendances émanant de l’étude, cinq conclusions sont à relever :

- Sans surprise, l’anglais reste une langue proposée par la majorité des applications téléchargées (90%), et représente pas moins de 90% du revenu généré par le top 200 iPhone et iPad de 11 des 12 pays analysés. En effet, depuis août dernier, le classement chinois n’affiche pas la même tendance, car 79% des applications gratuites du top 200 étaient proposées en chinois ce mois-là, contre 69% en anglais.

- La suprématie anglo-saxonne est menacée ailleurs : au Japon et en Corée du Sud, les plus hauts revenus sont de plus en plus issus d’applications en langue locale, phénomène que l’on peut naturellement expliquer par la spécificité des alphabets dans les pays asiatiques, qui implique d’une part que la traduction est plus difficile pour les éditeurs et développeurs, et d’autre part que les consommateurs asiatiques sont moins à l’aise avec des langues écrites dans un alphabet latin.

- Le Brésil est le seul pays où la deuxième place n’est pas occupée par la langue vernaculaire, le portugais. Cette dernière représente 40% des téléchargements seulement, contre 44% pour l’espagnol (deuxième après l’anglais). Cela suggère que le marché des applications mobiles brésilien est assailli par des acteurs étrangers dont les publications ne le visent pas spécifiquement.

- Sur l’iPhone, traduire une application pour la commercialiser dans un pays génère proportionnellement plus de revenus que de téléchargements. L’écart est le plus marqué en Allemagne et en Chine, indiquant que dans ces pays les utilisateurs sont davantage prêts à payer pour obtenir du contenu dans leur langue.

Sur l’iPad en revanche, on trouve moins d’applications disponibles uniquement dans la langue locale du pays du « store ». Deux causes possibles à cela : soit c’est dû mécaniquement au fait qu’il existe plus d’applications iPhone en langue vernaculaire que sur iPad, soit c’est parce que les développeurs jugent la localisation moins importante sur tablette que sur smartphone. L’exception se situe en Allemagne, où l’iPad comporte davantage d’applis en allemand seulement que l’iPhone.

De manière générale, le nombre d’applications gratuites comme payantes en langue locale seulement a augmenté, mais notons que ce phénomène est plus significatif pour les apps iPhone que les apps iPad.

- Sur l’iPhone, la publication d’une application en langue locale accroît les revenus d’en moyenne 26% sur la première semaine suivant sa sortie, et le nombre de téléchargements de 128%.

De manière très surprenante, la traduction n’a en revanche aucun impact significatif sur les téléchargements iPad, et génère une faible hausse de revenus (5% environ).

En conclusion, l’anglais semble être encore la langue à privilégier pour publier une application, sauf en Asie où l’on conseille d’adopter la langue locale. En outre, traduire l’app dans la langue de chacun des pays n’est profitable que pour les applications iPhone.

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