Europa-Apps poursuit aujourd’hui sa saga en quatre parties sur l’état et l’avenir du marché des applications pour enfants avec un second volet centré sur les contenus éditoriaux privilégiés par les éditeurs, et leur succès selon les supports et les prix. Nous allons nous focaliser sur les trois types d’applications mis en lumière la semaine dernière (http://www.europa-apps.com/2012/09/06/ou-va-le-marche-des-applications-pour-enfants-14-les-categories-d%E2%80%99applications/), à savoir les jeux pour enfants, les livres et les applications éducatives, et déterminer quel type de contenus domine chacun de ces segments.

Nous entendrons par « contenus éditoriaux » non pas des histoires ou des personnages qui seraient récurrents chez les éditeurs (heureusement ce n’est pas le cas, il existe une admirable diversité de création sur l’AppStore), mais plutôt les sources où ces derniers puisent leur inspiration. Trois possibilités ici : soit les développeurs déclinent un concept ou un personnage de livre classique ou de télévision sur les supports mobiles, comme Dora l’Exploratrice ou Les Jeux du Livre des Bruits, soit ils inventent de toute pièce leur contenu, soit ils se positionnent sur l’adaptation de contes traditionnels (spécialité de l’éditeur Chocolapps, entre autres).

A l’aide des ressources disponibles sur l’iTunes Store et le site de statistiques AppAnnie (http://www.appannie.com/), nous avons construit des diagrammes mettant en avant la proportion de licences, de créations originales et de créations tirées du domaine public, pour les quinze premières applications pour enfants de chacune des trois sections (livres, jeux pour enfants et éducation) au 1er août, en gratuit et en payant, sur iPad et sur iPhone.

Côté livres, la première source de contenu est le fonds constitué par le domaine public, ce qui n’est pas une surprise. En effet, ces œuvres n’étant plus soumises au droit d’auteur, les éditeurs peuvent les reprendre et les modifier à l’envi, sans pour autant devoir rémunérer leur créateur. Dès lors, beaucoup de ces applications sont gratuites, ce qui explique qu’environ 70% des livres pour enfants gratuits soient des contes traditionnels.

A l’inverse, les cessions de licences donnent lieu à des redevances (royalties) qui ponctionnent assez lourdement les revenus des éditeurs. C’est pourquoi d’une part il existe peu de licences gratuites (13% du top 15 iPad et iPhone), et d’autre part les licences payantes sont des personnages extrêmement connus susceptibles d’engendrer des volumes de ventes suffisant à compenser les coûts, volumes qui sont plus facilement atteints sur un support plus populaire comme l’iPhone (41% du top 15 contre 22% sur iPad).

Sur le segment des jeux pour enfants sur iOS, le duel a lieu entre les licences et les créations originales. Ici, il est très surprenant de constater que le marché ne se comporte pas sur l’iPad comme il le fait sur l’iPhone. En payant, pour la même raison qu’évoquée plus haut, les licences apparaissent en majorité dans le classement iPhone (67%), mais pas sur iPad (47%). En gratuit, ce sont les créations originales qui dominent l’iPhone, et les versions « lite » (démos) des licences l’iPad.

On peut donc émettre l’hypothèse que les licences rencontrent relativement moins de succès en ce qui concerne les jeux pour enfants sur iPad que sur iPhone ; si les versions gratuites sont beaucoup téléchargées, ces tests ne sont pas « transformés » par des passages à l’acte d’achat.

Enfin, pour ce qui est des applications éducatives, iPad et iPhone sont uniformément dominés par des créations originales, que ce soit en gratuit ou en payant : celles-ci représentent 45% du top 15 de la tablette, et 65% de celui du smartphone, où l’on retrouve également quelques créations inspirées du domaine public, encore une fois pour des raisons de popularité, comme par exemple tout ce qui relève des comptines traditionnelles pour enfants. Les licences sont minoritaires, et laissent à penser que ce segment de marché est plus réceptif à des personnages et/ou des méthodes d’enseignement créés et conçus pour lui ; peut-être qu’à terme ce seront ceux-ci qui seront distribués sur d’autres supports sous forme de licences.

 

La suite de la saga des applications pour enfants, c’est jeudi prochain sur le blog d’Europa-Apps. Au programme de ce troisième volet : les modèles économiques déployés et leur succès. A bientôt !

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